Dragueuse !

A la suite de ma visite au Salon de l’Agriculture, un reportage a attiré mon attention par la légèreté de son titre : « Marine Le Pen drague les agriculteurs à Paris ».

Intriguée par cette expression pour le moins frivole dans un contexte qui ne l’est pourtant pas, celui d’une crise agricole terrible, j’ai fait le test de soumettre le terme « Marine Le Pen drague » au suffrage de la Toile.

Et là surprise, je découvre que je suis une dragueuse invétérée, en témoignent des pages entières du fameux moteur de recherche !

Voici donc un extrait de palmarès à faire pâlir la plus acharnée des courtisanes. Je draguerais donc tout à la fois :

1. les agriculteurs
2. les viticulteurs
3. les gays
4. les jeunes actifs
5. les Musulmans
6. les électeurs UMP
7. les classes populaires
8. les artistes
9. les Juifs
10. les métallos
11. les préfets
12. les pêcheurs
13. les petits patrons
14. les électeurs de gauche
15. les enseignants

Quelle santé !…

Notons ceci de prime abord : cette liste fournie, pourtant non exhaustive, présage clairement du caractère non discriminatoire et très extensible de mes avances supposées.

Après l’étonnement, le rire bien évidemment, vient cette interrogation : pourquoi donc la presse use (et abuse…), quand cela me concerne, du terme « draguer » ?
Les autres responsables politiques « viennent au chevet », « s’inquiètent du sort de » , « s’adressent à »,…
La drague suppose d’échafauder un certain nombre de subterfuges, d’artifices, particulièrement adaptés à la cible visée pour obtenir d’elle des faveurs. Les propos se maquillent dans le but de plaire.
Or, si j’admets sans difficulté que l’on peut contester mes convictions et mes prises de position, en débattre, on ne peut guère me faire le reproche de les tordre, de les transformer afin qu’elles s’adaptent à mon interlocuteur du moment.
D’autres politiques que je ne citerai pas ont changé d’avis parfois radicalement. Ils ont été pour les sanctions contre la Russie puis contre, pour Schengen puis contre, pour la proportionnelle puis contre, pour l’adhésion de la Turquie à l’UE puis contre, etc.

En ce qui me concerne, la constance et la cohérence me sont généralement reconnues.

C’est bien sûr le cas au sujet de la crise agricole, dont je fais l’analyse depuis des années, ce qui m’a permis avec mon équipe d’annoncer l’aggravation de la situation, et l’urgence de se défaire des règles impitoyables de l’Union Européenne.

Si dans les milieux médiatiques on fait de moi une telle allumeuse, c’est bien sûr pour me dénier toute sincérité, toute capacité à convaincre, à argumenter, à articuler une vision politique cohérente et constructive. La ficelle est très grosse, mais il est bon de la montrer à ceux qui ne décryptent pas encore les trucs et astuces du métier médiatique quand il est militant.

Laissez donc la dragueuse de côté, et écoutez celle qui parle à votre raison et votre cœur.

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